Pourquoi nous n’utilisons pas de "Cuir Vegan"

13 janvier 2020

! Disclaimer ! Nous souhaitons préciser avant tout que nous n’avons rien contre les végans et respectons leur mode de vie.

Produits toxiques, conditions sanitaires déplorables, travail des enfants… L’industrie du cuir est depuis plusieurs années sous le feu des critiques.
LÉON FLAM a toujours privilégié la transparence avec sa communauté, c’est pourquoi nous souhaitons aujourd’hui éclaircir certains points opaques avec vous et lever le voile sur de nouvelles matières qui se présenteraient comme des alternatives au cuir.

De plus en plus de personnes souhaitent s’habiller et consommer de manière plus durable et responsable. C’est totalement compréhensible quand on sait que l’industrie de la mode est l’une des plus polluantes au monde.

Ceci n’est pas un cuir

Au cours des dernières années, des matériaux baptisés par certaines marques "Cuir Vegan" ou "Cuir Végétal" sont devenus tendances jusqu’à s’imposer comme des alternatives plus éthiques que le cuir dans l’esprit des consommateurs. Le problème, c’est que ces matières ainsi nommées n’existent pas et relèvent d’un abus de langage.

Le "Cuir Vegan" ne peut pas exister puisqu’il ne comporte aucune substance d’origine animale. Il ne peut donc pas être qualifié de cuir, ce qui en fait un argument marketing erroné qui en théorie est soumis à une réglementation.

Un sac dit « Vegan » n’est pas forcément durable et encore moins éco-responsable

Si la mode vegan répond effectivement à la problématique de la souffrance animale en supprimant toute substance animale dans ses matières premières, les autres matières qui sont supposées remplacer le cuir ne sont pas pour autant naturelles ou éco-responsables.

Ce que les marques qui surfent sur la tendance ne mettront jamais en avant, c’est que ces nouvelles matières, derrière leurs belles promesses, ont un vilain défaut. Elles sont principalement fabriquées à base de matières plastiques et pétrochimiques extrêmement polluantes qui ne tiennent pas compte de la fin de vie du produit et deviennent souvent des déchets non recyclables.

• Parmi les matières auto-proclamées " Cuirs Végétaux ", on retrouve des matériaux à base de raisin, d’ananas, de pomme, de champignon ou encore de liège. Tous ces ingrédients donnent l’impression de matières naturelles qui n’ont de naturel que le nom. En effet, les fibres des aliments cités sont plus fragiles et ont besoin d’être mélangées avec des matières dérivées du pétrole pour être plus résistantes et utilisables.

• Quant aux matières appelées à tort "Cuirs Vegan", il s’agit en fait de matériaux faits entièrement à partir de composants synthétiques comme le pétrole. Il s’agit tout simplement de plastiques, parfois recyclés, mais qui restent polluants et dont nous connaissons tous l’impact sur l’environnement.

La plus ancienne industrie du recyclage

Le cuir s’avère être bien plus écologique que la plupart des matières présentes dans l’industrie de la mode. En Europe, les peaux les plus communément utilisées en maroquinerie comme celles du veau ou de la vachette sont toutes issues de l’industrie alimentaire. Autrement dit, aucun de ces animaux n'est élevé que pour sa peau.

Si elles n’étaient pas réutilisées et transformées en cuir, celles-ci deviendraient tout simplement des déchets de l’industrie alimentaire. Cette réutilisation d’une partie de l’animal destinée à être jetée fait de l’industrie du cuir l’activité de recyclage la plus ancienne au monde.

Quant au recyclage du cuir en lui-même, il serait techniquement possible et reste un projet à long terme sur lequel LÉON FLAM travaille au quotidien.

Le cuir est une matière durable

Vous nous direz que le cuir ne peut pas être entièrement irréprochable, c’est vrai. Cependant, contrairement aux matières citées précédemment, les qualités du cuir comme sa beauté, sa souplesse et sa résistance sont reconnues depuis des siècles. La matière acquiert même une patine subtile et lustrée au fur et à mesure qu’elle vieillit. Ces atouts font du cuir une matière durable, et si un détail compte pour un sac, c’est bien sa durée de vie. 

La plupart des matières synthétiques ne vieillissent absolument pas comme le cuir et auront tendance à craquer ou à peler. Certaines auront également tendance à s’user plus rapidement que le cuir car leur composition sera plus fragile si elles contiennent des fibres végétales par exemple.
Autrement dit, vous aurez moins de chance de faire durer un produit en matière synthétique qu’un produit en cuir.

Le débat sur le tannage minéral

Chez LÉON FLAM, nous utilisons principalement du cuir au tannage végétal pour nos collections de maroquinerie. Celui-ci est réalisé avec des poudres concentrées en extraits de quebracho ou de mimosa. Cependant, il faut savoir que cette technique de tannage a ses limites et ne convient pas à tous les usages. Notamment, elle ne permet pas d’obtenir certaines couleurs et rend le cuir assez rigide.

De fausses idées circulent sur une autre méthode de tannage du cuir que nous utilisons pour certains produits, le tannage au Chrome qui permet d’obtenir, comparativement au cuir au tannage végétal, des cuirs plus souples avec des couleurs plus claires et plus vives. Au niveau mondial, 80 à 85% de l’ensemble des cuirs sont tannés en utilisant cette méthode à laquelle on reproche d’être à l’origine d’allergies provoquées par le cuir en contact avec la peau. Et pour cause, le tannage au Chrome peut en effet s’avérer dangereux lorsqu’il est mal exécuté mais en réalité, le risque de transformation du chrome 3 sous forme de chrome 6 qui serait la substance allergène n’est pas un événement qui se produit dans les tanneries avec lesquelles nous collaborons.

Nos peaux proviennent de France, d'Italie et d'Espagne, des pays où l’industrie du cuir est encadrée par des lois. Dans la pratique, les organismes de contrôle du marché s’assurent régulièrement que la teneur en chrome VI des articles en cuir reste bien inférieure aux limites imposées par la législation européenne et ne représentent aucun danger pour la santé des consommateurs.
Léon Flam porte une attention particulière à la provenance de ses peaux et réutilise la plupart du temps des cuirs de grande qualité provenant des mêmes tanneries que les grandes Maisons de luxe françaises. Les tanneries avec lesquelles nous travaillons ne cessent d’améliorer leurs procédés d’épuration et de réduction de la consommation d’eau, de filtration des émissions, de protection de l’air et de réduction des déchets. Quant aux abattoirs, ils respectent eux aussi la législation européenne et les animaux y sont étourdis avant d’être abattus. 

Le cuir importé est celui dont il faut se méfier

Les responsables des scandales sur le cuir, ce sont plutôt de mauvais élèves comme l’Inde ou la Chine, des pays où la réglementation est bien plus clémente. Le processus de tannage y est moins contrôlé et peut mettre en danger la santé des travailleurs en provoquant notamment des maladies respiratoires. Il peut également causer des dommages environnementaux considérables causés par le rejet de produits chimiques polluants dans les cours d’eau, causant des dégâts sur de très vastes rayons autour des tanneries. 

En France, de plus en plus de marques jouent la carte de la transparence en affichant la provenance de leurs peaux, par volonté propre ou poussées par les consommateurs. Cependant, elles sont encore nombreuses à ne pas indiquer systématiquement la provenance de leurs matières premières sur leurs fiches produits ou sur leurs étiquettes. Sans cette information, impossible de savoir si le processus de transformation du cuir et son tannage ont été encadrés ou non.

Au final, contre toute attente, le cuir s’avèrerait être une matière de choix pour consommer plus durable. Le plus important serait de s’assurer que le cuir qui a servi à fabriquer votre produit a subi un traitement respectueux de la matière, des travailleurs et de l’environnement. Il s’agirait donc de bien choisir les marques auxquelles vous accordez votre confiance et de privilégier celles qui indiquent avec transparence la provenance de leurs matières premières.   

Sources : 
Livre Blanc RSE, CNC (2020)
C’est quoi le problème avec les cuirs vegan ?, Nina Helleboid (2020)
C’est quoi le cuir vegan ?, Natty (2020)
Cuir vegan vs cuir animal lequel choisir, Elsa (2020)
Défense du mot « cuir », Fédération Française de la Tannerie Mégisserie (2021)


4 commentaires

  • NadiaJan 15, 2021

    Une information riche , très détaillée sur ce nouveau cuir qui n’en est pas un .
    Vous m’avez convaincu, moi consommatrice qui tente de préserver la nature et les hommes , je n’achèterai pas et j’en parlerai autour de moi .
    Rien ne vaut un cuir de qualité animal, un investissement réfléchi et écolo

  • Nathalie PetitJan 13, 2021

    Bravo pour cet article très clair et plein de bon sens…cette dictature soi disant écolo est excessive ! Mais malheureusement trop de gens y adhèrent sans réfléchir.

  • stephanie sternJan 13, 2021

    Très intéressant comme article, bravo. Cela permet d’avoir un regard plus averti sur les effets de mode et sur ces produits/marques qui se targuent d’être écolo sans l’être forcément. Un consommateur éduqué est la première étape pour devenir un consommateur réellement responsable ! Vous avez contribué à mon éducation. je vous en remercie :)

  • NathalieJan 13, 2021

    Merci pour cet article intéressant. En effet, on ne nous parle pas de tout ça et la composition des matières est parfois assez floue.

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